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Comment le maire peut-il agir contre un commerce sans porter atteinte à la liberté du commerce ?

Publié le : 13/05/2026 13 mai mai 05 2026

L’intervention rapide d’un maire pour faire cesser des nuisances liées à un commerce peut-elle aller jusqu’à entraver matériellement l’accès à l’établissement concerné ? L’affaire dite « Master Poulet » illustre concrètement les risques contentieux encourus lorsqu’une collectivité entend répondre sans délai à des troubles locaux, en méconnaissant le cadre strict des pouvoirs de police administrative.

Une entrave matérielle jugée attentatoire à la liberté du commerce

À Saint-Ouen, la commune avait fait installer des blocs de béton afin de limiter l’accès à un établissement de restauration, invoquant des nuisances tenant notamment à la formation de files d’attente et à l’occupation irrégulière du domaine public. Saisi en référé liberté, le juge administratif a ordonné la cessation de ces aménagements. Il a considéré que l’entrave ainsi créée portait une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, en particulier à la liberté du commerce et de l’industrie. L’analyse ne dépendait pas du support matériel utilisé. Qu’il s’agisse de blocs de béton ou d’autres dispositifs physiques, le fait d’empêcher concrètement l’accès à un commerce ne saurait constituer une mesure de police régulière si elle ne satisfait pas aux exigences classiques de nécessité, d’adaptation et de proportionnalité. En l’absence d’un tel contrôle, l’intervention municipale excède le cadre légal.

Des outils juridiques existants, mais strictement proportionnés

L’affaire ne prive pas pour autant les maires de toute capacité d’action. En cas d’occupation irrégulière du domaine public, notamment lorsqu’une terrasse est exploitée sans autorisation, l’autorité municipale peut mettre en demeure l’exploitant de régulariser sa situation ou de libérer les lieux, voire engager des sanctions administratives appropriées. Au titre de leur pouvoir de police générale, les maires peuvent également adopter des mesures destinées à prévenir les troubles à l’ordre public, tels que nuisances sonores ou attroupements, à condition qu’elles demeurent proportionnées aux risques constatés. Enfin, des mesures plus contraignantes, telles qu’une fermeture administrative temporaire, peuvent être envisagées en cas de manquements répétés, sous réserve du respect du contradictoire et du principe de proportionnalité. L’épisode rappelle ainsi que la gestion des tensions locales impose une conciliation rigoureuse entre la préservation de l’ordre public et le respect des libertés économiques, en s’appuyant exclusivement sur des instruments juridiquement sécurisés.

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