La circulaire dite Retailleau du 2 mai 2025 marque une évolution significative de la pratique administrative en matière de naturalisation et de délivrance des titres de séjour pluriannuels.
Applicable à compter du 1er janvier 2026, elle ne modifie pas la loi en tant que telle, mais durcit sensiblement l’interprétation des textes existants par les préfectures.
Trois axes structurent désormais l’examen des dossiers :
- l’assimilation à la communauté française (langue et valeurs républicaines),
- le comportement et l’exemplarité du parcours,
- l’autonomie matérielle et professionnelle.
Naturalisation à compter du 1er janvier 2026 : un niveau de langue renforcé
Pour les demandes de naturalisation par décret déposées à partir du 1er janvier 2026, la circulaire impose la justification d’un niveau de français B2, à l’oral et à l’écrit.
Cette exigence s’inscrit dans le prolongement du décret de 2025 relatif à la maîtrise de la langue française.
La circulaire rappelle également un principe fondamental : la naturalisation demeure une décision discrétionnaire de l’administration.
Même lorsque les conditions légales sont réunies (durée de résidence, niveau de langue, insertion sociale et professionnelle), le préfet conserve la faculté d’ajourner ou de refuser la demande, au regard de l’appréciation globale de l’« assimilation » et de l’« exemplarité » du parcours du demandeur.
Création d’un examen civique obligatoire
À compter du 1er janvier 2026, la réussite à un examen civique national devient une condition préalable :
- à la naturalisation française ;
- à la délivrance des titres de séjour pluriannuels, dont la carte de résident.
TRÈS IMPORTANT : CELA NE S’APPLIQUE PAS AU RENOUVELLEMENT DE TITRES DE SÉJOUR PLURIANNUELS.
Un arrêté du 10 octobre 2025 en fixe le programme, qui comprend :
- Principes et valeur de la République,
- Système institutionnel et politique
- Droits et devoirs
- Histoire, géographie et culture
- Vivre dans la société française
Niveau de langue exigé pour les titres de séjour pluriannuels
Si le niveau B2 est désormais requis pour la naturalisation, les titres de séjour pluriannuels restent en principe soumis à des niveaux plus accessibles (A2 ou B1 selon les catégories).
Toutefois, la circulaire invite expressément les préfectures à exercer un contrôle plus strict et concret de la maîtrise du français, en particulier :
- lors de l’entretien en préfecture ;
- au regard des diplômes ou attestations linguistiques produits.
La maîtrise effective de l’expression orale devient ainsi un élément déterminant de l’instruction des dossiers.
À retenir :
Sans modifier formellement le cadre légal, la circulaire du 2 mai 2025 traduit un durcissement notable de la politique d’accès à la nationalité française et aux titres de séjour durables, avec des exigences accrues en matière de langue, de connaissances civiques et d’intégration globale.
